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La gymnopédie, ma ville et moi

Ce morceau mes amis… Je me souviens de ma première écoute de cette merveille. J’avais 12 ans et j’étais déjà nul en solfège (vive nous les autodidactes réfractaires). Cependant, un mercredi d’automne, un peu comme demain tiens, ma prof eut une illumination : nous donner des feutres et des feuilles blanches, puis nous faire écouter un morceau de musique en nous invitant à dessiner ce que nous voyions.

Distribution du matériel, déplacement jusqu’à la petite chaîne hi-fi, push play… Et là, pour moi, coup de foudre.

Écoutez-moi donc ce petit bout de bonheur mélancolique ! Je me souviens que mon feutre et moi sommes tout de suite tombé d’accord. Il nous fallait dessiner une ville sous la pluie. L’Histoire n’aura pas retenu ce grand moment de création picturale, mais moi…

Transportons-nous quelques dix ans plus tard. J’ai une bonne vingtaine d’années, je vis dans une cage à lapin d’étudiant – mon royaume – sur les pentes de la Croix-Rousse, quartier mythique et superbe de Lyon.

Ici, les rues, sales, ont de beaux pavés irréguliers. Sales. Ces jolis sentiers montent avec des pentes avoisinant les 90° et sont le royaume des artistes (souvent déchus quand même) et des poètes (souvent maudits hein !). J’adore, je suis comme un poisson dans l’eau. Sale. Donc je fais de l’apnée toute l’année.

Mais durant ces quatre ans de souveraineté incontestée sur mon clapier, il y avait un jour, un seul jour exceptionnel et trépidant, où plus rien n’avait d’importance. Le jour de la première neige sur Lyon.

Moment magique que je n’ai pas raté durant quatre ans. Lorsque je voyais, par une fenêtre ou une autre, les flocons délicats entamer leur danse hypnotique dans le ciel opaque de ma ville, alors j’abandonnais tout (ou je me dépêchais de finir) pour aller retrouver MON endroit.

Cette toute petite esplanade. Mon jardin suspendu de ma Babylone à moi, cachée de la route et surplombant toute la ville. Personne n’y venait, surtout pas ce jour là (hého y fait froid !).

Et je me plaçais là, à cheval sur le muret, regardant pendant des heures la neige se déposer sur les pavés sales de mon quartier. Envahir en douceur les toits des monuments de Lyon. L’opéra se paraît de son manteau d’hiver, de même que le crayon. Et je voyais ces petits bouts de nuage  se détacher du ciel et flotter doucement jusqu’au Rhône, ce vaste serpent devenu noir avec la lumière décroissante.

Et tous les ans, lorsque j’étais pour un moment le Roi sur la montagne, se jouait dans ma tête ces quelques notes langoureusement égrainées et voluptueusement répétée. Durant des heures. Des heures imprenables où je contemplait de mon promontoire la ville s’envelopper d’ouate et où je songeais, bercé par la Gymnopédie d’Erik Satie.

Si vous lisez ces quelques lignes en écoutant ce morceau, comme je le fais en les écrivant, prenez le temps de fermer les yeux et imaginez ma ville sous la neige…

La vie est douce…

Pendelhaven ~by Philip Straub
Pendelhaven ~by Philip Straub

C’est tellement merveilleux – dans tous les sens du terme – que j’ai presque envie de ne rien en dire. Noyez-vous dans cette image, laissez vous vagabonder et poussez la toute petite porte de ce monde caché.

C’est chaleureux, douillet. On imagine un intérieur anglais, un bon feu, des bougies et une bonne tasse de thé.

On rêve de jeux d’enfants sur le tapis moelleux devant l’âtre. Un bon bouquin et un gros édredon à la fois sur et sous les pieds. Un fauteuil profond en cuir, râpé par les soirées de confortable lecture.

Certains en profiteront pour savourer un verre de vieil armagnac, mais on ne saurait y fumer que la pipe.

Et puis, la nuit avançant, on se laissera bercer par les bruits de la forêt. On se lèvera doucement, on soufflera les bougies une à une et on ira se glisser avec délectation sous une bonne pile de couvertures. Puis on gardera quelques minutes les yeux ouverts, au plafond, le cœur au chaud dans cet écrin de quiétude.

Elle est pas belle la vie ?

Allez, entrez.

Roman terminé, retour au blog ^^

Bonjour à tous et pardon pour ce long silence.

A ma décharge, j’ai eu quelques jours et nuits occupés dernièrement par la réalisation d’un rêve de longue date : J’AI ECRIT MON PREMIER ROMAN !!!

Parfaitement Madame ! Même que ça s’appelle La Fontaine des Aveux. Voui. Je vous en avait brièvement parlé là sauf qu’à l’époque, c’était la genèse du projet et que maintenant, c’est FINI :-D

Je suis maintenant en pleine recherche d’une maison d’édition (avis aux amateurs… et aux professionnels). Le pitch est le suivant :

Emeric est un honnête fermier dans une époque pas franchement déterminée (fait exprès ça) mais résolument plus proche du moyen âge. Ce jeune homme, par jalousie et saisi par la peur va commettre un acte impardonnable dans un accès de folie.

Harassé par la culpabilité, il va échouer sous la pluie devant la hutte de la sorcière du village. Celle-ci prend pitié, le recueille et attendrie, décide de lui confier une légende. Celle d’un lieu où ceux qui portent des secrets trop lourds peuvent les déposer et poursuivre leur vie, déchargés de leur fardeau. Voici en substance, la légende de la Fontaine des Aveux : lire la suite »

Se planter au restaurant

Il ne vous a sans doute pas échappé que certains restaurants étaient pleins de ressources pour donner à leurs plats des noms exotiques et mirobolants, du genre qui vous fait rêver rien qu’à lire la carte, pour un résultat, pas toujours à la hauteur.

On s’est tous déjà fait avoir en se choisissant un plat avec un nom plein de promesses exotiques et inspiratrices pour se taper au final un truc pourri sortit tout droit des cuisines de Cassegraine, Daucille (tous des marteaux là bas), William Saurien et les autres.

Voici les morceaux choisis de ces délits d’initiés, tirés d’une longue expérience faite d’erreurs de casting, de choix guidés par le sourire de la serveuse et de phrases stupides du genre « allez garçon, ce soir, faites-moi rêver » :

La princesse de l’est dans sa robe de mousseline = Strasbourg purée…

Reines de la mer en baignade luisante = sardines à l’huile bien sûr (avec beaucoup d’huile)

Folie bergère = Steak de bœuf à l’origine douteuse

Éclats amoncelés des colons de la prairie = Steak haché tout simplement

Duo des bois et sa colline d’Asie = Deux champignons sur un bol de riz

Pétillance de jade et sa gouttière superbe = Diabolo menthe… avec une paille

Sans oublier le désormais fameux Mousseux brun = Un coca (Fix ;-) )

Vous aviez faim ? Vous pensiez vivre dans la patrie de la gastronomie ? Pas trop déçus ?… Si vous en avez vous aussi, des noms de plats qui font beaucoup de bruit pour rien, vous êtes libres d’en parler (ça vaut parfois une bonne thérapie) et c’est dans les commentaires que ça se met. Si j’en ai d’autres, je les y mettrai aussi.

Dans notre prochain épisode, nous apprendrons à coacher les enfants dès leur plus jeune âge ;-)

Vous avez pas le moral vous ?

Lisez ça :

Mais voilà qu’il s’approche le fâcheux. Il frappe. J’ouvre.

- Vous n’avez que ça à faire que de rire aussi fort ? Vous gênez tout le monde avec vos gloussements. Vous croyez qu’il y a de quoi rire ? Surtout en ce moment…

- Oui Monsieur je le pense. Oui je ris, pas pour ne pas pleurer comme on l’entend à l’envie un peu partout. Non, je ris de bonheur. Voyez-vous, j’estime que le monde peut être bon pour peu qu’on se donne la peine d’y bien regarder.

Je pourrais tout comme vous pleurer, m’apitoyer sur mon sort et sur celui de mes concitoyens du monde. C’est vrai, l’économie va mal, les politiques sont égaux à eux-mêmes mais plus que d’habitude, la culture est en crise, les jeunes ont peur de l’avenir, les vieux regrettent le passé, j’en passe et des meilleurs.

C’est vrai et je ne m’en réjouis pas. Moi même, je ne travaille pas et suis bien loin d’être riche. Mais croyez vous qu’en pleurant j’améliorerai la situation à un quelconque des niveaux que je viens d’évoquer ?

Pour ma part, je suis convaincu que non.

Alors oui, je ris, je chante, j’écris, je danse (bien que peu, bien que mal, bien que rarement à jeun), je parle, j’échange. De toutes les manières qui me sont accessibles d’ailleurs.

Et je profites. Personne ne nous empêche de gouter l’odeur de la terre mouillée les jours de pluie. Personne ne nous interdit de couper le son et d’ouvrir les fenêtres pour écouter le chant des oiseaux. Et les parfums délicats qui se glissent langoureusement sous le cadre de la porte de la cuisine ? Et le son de la bouteille que l’on ouvre d’un coup sec ? Et les joyeux cris des enfants qui jouent ? Et je ne vous parle pas des soirées entre amis jusqu’à pas d’heure, des fous rires sans raison apparente dans des lieux qui ne s’y prêteraient pas vraiment, des régressions enfantines et autres pétages de plombs dont le souvenir seul devrait vous soutenir dans les pires moments… N’y a t il pas là matière à rire comme disait Devos ?

Moi je crois que si Monsieur. Et si j’étais vous, je m’y mettrai vite avant de devenir plus gris encore que vous n’êtes pâle. Venez donc prendre un verre à la maison par exemple.

- euh… samedi ça vous irait ?

- Non maintenant ! MUSIQUE !!!

Et maintenant vous avez la liberté de commenter cela et de partager vous aussi ce qui vous donne la pêche. C’est juste en dessous.

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