C’est beau, sensible, émouvant, onirique, poétique et finalement plein d’espoir. Et c’est traité comme une pub à la fin.
En un mot : « mot », mais en deux mots : c’est sublime !
Trichrome Blue from Lois van Baarle on Vimeo.
C’est beau, sensible, émouvant, onirique, poétique et finalement plein d’espoir. Et c’est traité comme une pub à la fin.
En un mot : « mot », mais en deux mots : c’est sublime !
Trichrome Blue from Lois van Baarle on Vimeo.
Assis sur sa chaise au paillage essoufflé. Ses chaussures en faux croco battent la mesure de son génie. La folie bat son plein autour de lui maintenant.
Il est sorti il y a deux minutes de sa cahute avec son siège à la main, dans une rue passante, bruyante, grouillante, brouillonne. Il a tranquillement posé sa scène à quatre pieds patinés au milieu du trottoir et a sorti ce qu’il tenait sous son autre bras. Il s’est installé en douceur, a placé l’objet entre ses cuisses et l’y a calé fermement.
Puis ses mains usées aux doigts noueux se sont élevées au dessus de l’instrument de sa passion. Il a jeté un coup d’œil à l’assemblée affairée qui lui rendit un regard intrigué. Ses grandes pattes se sont levées dans le soleil de cette fin d’après midi, puis se sont abattus sur les bongos aux flancs décolorés, lançant un « ping » claquant qui sembla figer la rue tout d’un coup. Comme par magie.
Les gestes suspendus, les têtes tournées brusquement, toutes les attentions fixées comme par un appel primale. D’un son, il les a accrochés par le bout du coeur, par le creux du ventre. L’air s’électrisa en une fraction de seconde.
Clak ! Tatatatam tatam tatatam ! Un appel, un filet à instinct et soudain le déluge d’énergie. Le rythme éclate en rebondissant entre les murs surchauffés de la rue. Des cris se font entendre en ponctuation du sortilège que lance le vieux musicien. Une femme lance un cri strident, le signal.
Aussitôt, les jeunes comme les vieux, les enfants et les parents se lancent des regards pétillants. Les pieds tapent la mesure sur la terre battue. Les hanches oscillent, les mains se choquent, les têtes dodelinent.
Ça y est, un couple s’élance devant le percussionniste. Ils ont le diable au corps ces deux là. Ils ondulent, s’accrochent et se détachent avec fougue. Sa robe flotte au gré de ses voltes. Ses pieds suivent une chorégraphie compliquée et tout son corps exprime une sensualité animale. Lui, sa chemise largement ouverte, la saisit par la taille avant de la lancer dans un tourbillon furieux qui bouscule les spectateurs qui hésitent encore.
En revenant au centre, elle saisit par la main un grand père qui ne cache pas sa joie de rentrer dans la danse ainsi escorté. Tous se jettent maintenant sans retenue dans le flot de musique frappée . Chacun son style, chacun sa manière. Certains dansent seuls, d’autres à deux ou en groupes. Les rires sont sur tous les visages, on chante, on s’appelle, on siffle les gracieuses jeunes filles qui roulent avec virtuosité. Les plus jeunes gesticulent comme de petits démons dans les jambes des grands, agitant frénétiquement bras et jambes.
Le vieil homme ruisselant de sueur sur ses percussions modifie délicatement son phrasé pour enflammer plus encore les esprits. On s’agite, on crie. Les esprits partent dans un même élan. On s’élève on s’oublie. Rien d’autre ne compte que la musique, ce rythme endiablé, mystique. Cette litanie engourdis les âmes et les corps se meuvent seuls à présent. La transe est générale, la foule tourbillonne et le musicien, les yeux clos, tourne la tête de droite et de gauche pour accompagner chaque nouvel impact de ses mains sur les peaux.
Après un immense moment de fièvre, il entame une dernière envolée percussive annonçant la fin du morceau. Les danseurs redoublent d’ardeur pour l’ultime instant, l’apothéose, l’orgasme musical, l’abandon définitif à la débauche d’énergie collective.
Puis le percussionniste s’interrompt brusquement, monte une dernière fois les mains bien haut, se lève de sa chaise en regardant de ses yeux exorbités l’heureux chaos qu’il a créé et retombe de tout son poids, les deux mains sur les cercles de ses bongos magiques, frappant le point final du moment.
Tous crient, se congratulent, applaudissent et tournent leur regard vers l’artisan de cet instant de merveilleuse folie. Il est courbé sur ses vieux bongos, la tête sur les genoux comme épuisé par le voyage.
Une jeune femme s’approche pour le féliciter, passe sa main autour des épaules du vieux bonhomme pour lui parler à l’oreille et se recule d’un coup, horrifiée. Il glisse lentement au sol à bas de sa vieille chaise de rotin fatigué comme pour aller se coucher une dernière fois.
Pendant cette fraction de seconde, la jeune femme regarde fixement sa propre main sans parvenir à dire un mot. Puis un cri retentit. Une autre vient de se charger de signaler la tache carmin qui grandit rapidement sur la chemise jadis blanche de l’artiste au niveau du coeur…
Alors là je chuchote, parce qu’à la base, je ne voulais rien écrire sous cette belle photo.
Je voulais juste vous laisser rêver un peu avec le titre de l’article comme seule indication de mes propres pensées. Donc je me fais discret et ne vous parlerai pas du joli côté « Petit Prince » et poésie romantique que je voyais. Je laisse aussi de côté l’idée de la petite planète sur laquelle on est quand on est amoureux.
Ah oui, et puis je voulais aussi éviter de vous raconter la suite des événements que j’imaginais si jamais le marié se levait pour étreindre sa douce et que la Lune se barrait en roulant dans la pente… je voulais pas le dire ça…
Voilà, enjoy la belle photo qui vient d’un site russe là.
Si comme moi vous avez eu le bonheur étant petit d’entendre ce superbe conte musical de Prokofiev, je parle bien sûr de Pierre et le loup, alors ce qui suit devrait vous plaire…
Et voici la deuxième et dernière partie :
Et en tant que Papa, le fait que cette charmante mise en scène ait été confectionnée par un papa et sa petite fille me rend les retrouvailles encore plus touchante
. La musique est superbe et l’idée de représenter chaque personnage par un thème musical différent est tout simplement géniale.
Le procédé (je ne saurai dire si Prokofiev en a la paternité) est d’ailleurs abondamment repris aujourd’hui dans la création de bandes originales au cinéma notamment. Je vous encourage, pour le constater, à vous procurer les bonus des DVD du film Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, où la construction de la personnalité musicale de chaque personnage et particulièrement de l’Anneau Unique est grandiose de finesse et de complexité.
Si vous avez d’autres références de personnalités musicales, n’hésitez pas à nous les faire partager en commentaires.
Bonne soirée et bon second visionnage ^^.
Quelques images qui me fascinent, m’inspirent, me séduisent, me détendent… c’est beau et c’est la Nature.
Et j’en profite pour soumettre à votre approbation ce nouveau plugin (enfin nouveau pour moi) : Grand Flash album Gallery.
Classieux non ?