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La liste de courses du marin maudit

Salut à tous,

Oui, je sais, deux billets dans le même mois, c’est louche. Mais vous savez, je tâche de reprendre du poil de la bête côté blogs persos et là, j’avais envie de vous parler de l’une ou l’autre idées qui me sont venues entre le fromage et les moelleux aux framboises.

Alors bien sûr, quand on a l’esprit d’aventure, on se figure qu’en partant avec son couteau et d’autres trucs qui dépassent, on va s’en tirer… pffff, d’autres y on laissé les jambes je vous le dis moi !

ile deserte lyophiliséeEt qu’est ce qui fait le petit malin si son paquebot est coulé par des pirates assoiffés de… ben… de naufrages (ça se boit ça ?) ? Hein, qu’est ce qu’il fait s’il n’a pas son ILE DÉSERTE LYOPHILISÉE !

Ne craignez plus les requins, amis explorateurs et autres marins d’eau salée. Dès les premières minutes d’immersion dans le grand bleu, glissez votre couteau cranté (j’ai zieuté un Rambo récemment, comme ça, pour la culture…) dans la sangle de votre gilet de sauvetage du côté qui obstrue l’accès à votre poche révolver. Saisissez y alors votre petit sachet (étanche évidemment) que vous prendrez bien soin de déchirer suivant les pointillés.

Diluez ensuite le contenu du sachet dans une grande quantité de liquide (normalement ça ne devrait pas poser de problèmes). Touillez un peu, mais pas trop pour éviter une trop grande dispersion du mélange (en cas de tempête… bonne chance). Et voilà, en une minute vous obtenez une île déserte à  souhait, avec sable fin et palmier un peu courbe au sommet. On n’est pas bien là ?

coffre aux trésors

Maiiiis, la direction ne reculant devant aucun sacrifice, ne partez pas non plus en croisière sans notre deuxième article du jour : LE COFFRE AUX TRÉSORS A ENTERRER SOI MÊME !

Avec ça, n’ayez plus honte. Complément parfait de votre île déserte lyophilisée, ce coffre de chêne massif saura satisfaire nos clients les plus exigeants. Chargé, selon la gamme choisie, de granit ou de Pierre Ponce (et pas Ponce Pilastre… encore une lubie d’historiens/architectes/humanistes à la nuts !), il se glisse avec élégance au pied de n’importe quel signe distinctif du paysage.

De plus, ses coins renforcés de carbure de tungstène au téflon, avec ouverture bi-valves exométrique à reconnaissance digitale de la voix, garantissent une exceptionnelle sécurité à votre précieux chargement (au prix où sont les matériaux de nos jours hein ?).

Attention, en cas de naufrage et ainsi équipé, nous vous recommandons d’ouvrir votre sachet de poudre d’île assez rapidement !

Arbre noueux et pendus de repérage non fournis. Ne contient pas d’enfants de moins de 36 mois. Le port du casque intégral est fortement déconseillé. Fumer pue. Touche pas à mon bot. Un verre ça va, et hop et une bouteille de rhum.

Voilà M’sieurs Dames, de quoi déjà s’équiper intelligemment avant d’aller courir les océans (?). Si vous considérez que j’ai oublié un article essentiel (rame télescopique, tuba écologique en papier recyclé, palmes d’orteils et autres lances harpons électriques « bobodanlô »), parlez m’en en commentaire qu’on complète la liste :)

Merci de m’avoir lu.

Mystic rythm…

Assis sur sa chaise au paillage essoufflé. Ses chaussures en faux croco battent la mesure de son génie. La folie bat son plein autour de lui maintenant.

Il est sorti il y a deux minutes de sa cahute avec son siège à la main, dans une rue passante, bruyante, grouillante, brouillonne. Il a tranquillement posé sa scène à quatre pieds patinés au milieu du trottoir et a sorti ce qu’il tenait sous son autre bras. Il s’est installé en douceur, a placé l’objet entre ses cuisses et l’y a calé fermement.

Puis ses mains usées aux doigts noueux se sont élevées au dessus de l’instrument de sa passion. Il a jeté un coup d’œil à l’assemblée affairée qui lui rendit un regard intrigué. Ses grandes pattes se sont levées dans le soleil de cette fin d’après midi, puis se sont abattus sur les bongos aux flancs décolorés, lançant un « ping » claquant qui sembla figer la rue tout d’un coup. Comme par magie.

Les gestes suspendus, les têtes tournées brusquement, toutes les attentions fixées comme par un appel primale.  D’un son, il les a accrochés par le bout du coeur, par le creux du ventre. L’air s’électrisa en une fraction de seconde.

Clak ! Tatatatam tatam tatatam ! Un appel, un filet à instinct et soudain le déluge d’énergie. Le rythme éclate en rebondissant entre les murs surchauffés de la rue. Des cris se font entendre en ponctuation du sortilège que lance le vieux musicien. Une femme lance un cri strident, le signal.

Aussitôt, les jeunes comme les vieux, les enfants et les parents se lancent des regards pétillants. Les pieds tapent la mesure sur la terre battue. Les hanches oscillent, les mains se choquent, les têtes dodelinent.

Ça y est, un couple s’élance devant le percussionniste. Ils ont le diable au corps ces deux là. Ils ondulent, s’accrochent et se détachent avec fougue. Sa robe flotte au gré de ses voltes. Ses pieds suivent une chorégraphie compliquée et tout son corps exprime une sensualité animale. Lui, sa chemise largement ouverte, la saisit par la taille avant de la lancer dans un tourbillon furieux qui bouscule les spectateurs qui hésitent encore.

En revenant au centre, elle saisit par la main un grand père qui ne cache pas sa joie de rentrer dans la danse ainsi escorté. Tous se jettent maintenant sans retenue dans le flot de musique frappée . Chacun son style, chacun sa manière. Certains dansent seuls, d’autres à deux ou en groupes. Les rires sont sur tous les visages, on chante, on s’appelle, on siffle les gracieuses jeunes filles qui roulent avec virtuosité. Les plus jeunes gesticulent comme de petits démons dans les jambes des grands, agitant frénétiquement bras et jambes.

Le vieil homme ruisselant de sueur sur ses percussions modifie délicatement son phrasé pour enflammer plus encore les esprits. On s’agite, on crie. Les esprits partent dans un même élan. On s’élève on s’oublie. Rien d’autre ne compte que  la musique, ce rythme endiablé, mystique. Cette litanie engourdis les âmes et les corps se meuvent seuls à présent. La transe est générale, la foule tourbillonne et le musicien, les yeux clos, tourne la tête de droite et de gauche pour accompagner chaque nouvel impact de ses mains sur les peaux.

Après un immense moment de fièvre, il entame une dernière envolée percussive annonçant la fin du morceau. Les danseurs redoublent d’ardeur pour l’ultime instant, l’apothéose, l’orgasme musical, l’abandon définitif à la débauche d’énergie collective.

Puis le percussionniste s’interrompt brusquement, monte une dernière fois les mains bien haut, se lève de sa chaise en regardant de ses yeux exorbités l’heureux chaos qu’il a créé et retombe de tout son poids, les deux mains sur les cercles de ses bongos magiques, frappant le point final du moment.

Tous crient, se congratulent, applaudissent et tournent leur regard vers l’artisan de cet instant de merveilleuse folie. Il est courbé sur ses vieux bongos, la tête sur les genoux comme épuisé par le voyage.

Une jeune femme s’approche pour le féliciter, passe sa main autour des épaules du vieux bonhomme pour lui parler  à l’oreille et se recule d’un coup, horrifiée. Il glisse lentement au sol à bas de sa vieille chaise de rotin fatigué comme pour aller se coucher une dernière fois.

Pendant cette fraction de seconde, la jeune femme regarde fixement sa propre main sans parvenir à dire un mot. Puis un cri retentit. Une autre vient de se charger de signaler la tache carmin qui grandit rapidement sur la chemise jadis blanche de l’artiste au niveau du coeur…

Terreaux incognito

Jungle ~ by SBE
Jungle ~ by SBE

Je vous l’ai promis hier, j’ai rassemblé mes esprits, je les ai compté, j’ai pleuré, j’ai séché mes larmes, mais l’une d’elles m’a échappé. Elle est tombé sur une ligne d’encre noire tracée par mon fidèle stylo plume (ça fait dix ans qu’on se pratique). L’eau à fait baver l’encre. Un jolie tâche s’est formée en bout de ligne et j’ai vu…

Oui j’ai vu de mes yeux se dessiner lentement devant moi les contours découpés d’un vaste littoral encore inconnu. Cette tâche banale, devenait pour mon esprit – enfiévré par le transfert que je fais sur ma chère amie Nethie, partie aux confins du monde – et-que-j’aimerai-bien-être-à-sa-place-bordel – les côtes embrumées de quelque étrange ailleurs (comme dirait l’autre).

Songez donc un moment aux sensations incroyables que pouvaient ressentir les marins, voyant d’heure en heure, se dessiner sur l’horizon une ligne d’un noir d’encre. Cette ligne se découpant progressivement, pour devenir une haute falaise recouverte jusqu’à en déborder d’une végétation luxuriante et aromatique.

Après de longs mois à ne connaître que les embruns et le goût du sel, sentir enfin la terre. Et être saisit par les odeurs capiteuses et inconnues charriées par le vent. Et s’enivrer, toutes affaires cessantes de la vue d’une côte, d’une crique,  d’une plage de sable d’un blanc pur. Presque transparent. Et le fouler…

Sentir enfin ses orteils s’enfoncer dans cette fine poudre cristalline et chaude. Faire un feu et passer la nuit à chanter et boire… puis se mettre à l’écart de la fête et écouter. Écouter cette nuit dont on ne sait rien. Sous les constellations inédites, écouter le bruit des feuilles bruissantes de la forêt toute proche. Une forêt vierge. Écouter encore et percevoir les cris d’animaux jamais imaginés. Écouter toujours et sentir les déplacements furtifs d’un monde nocturne en plein effervescence. Fermer les yeux et goûter l’idée d’être le seul à avoir foulé cet espace… et dans l’idéal, n’en rien changer…

Et puis voir au matin le soleil se lever sur les brisants et prendre la décision d’avancer. Et malgré toute l’attirance que peut exercer cette terre nouvelle, avoir peur jusqu’au tréfonds de son être de ce que l’on pourrait trouver.

Et s’aventurer – le terme ne saurait être mieux employé – à travers les frondaisons sous une cathédrale de verdure. Voir encore le soleil glisser ses longs doigts de lumière à travers la canopée, puis ne plus les voir.

Jungle ~ by DarkCreek

Jungle ~ by DarkCreek

Les odeurs, les fleurs aux couleurs encore jamais vues, aux formes tantôt enchanteresses, tantôt inquiétantes de cet univers riche jusqu’à l’excès. Les singes qui hurlent loin au-dessus, les oiseaux aux couleurs bigarrés et aux chants omniprésents. Les serpents, insectes et araignées, gigantesques et effrayants. Être l’étranger, l’intrus, l’inconnu… et dans l’idéal l’accepter…

Et puis soudain, derrière un épais rideaux de fougères et de lianes entrelacées, découvrir un fleuve immense. Ses cataractes bruyantes et l’arc en ciel visible sous la chute d’eau dans l’air saturé de gouttelettes d’eau pure et fraîche.

Poursuivre sa route en nage. Explorer. Découvrir. S’émerveiller et craindre. Et puis trébucher. Se relever et deviner sous la mousse et les racines une pierre maçonnée… Sourire…

Jungle ~ by Gregmks

Jungle ~ by Gregmks

Images amoureusement récoltées sur DeviantArt

Nouveau monde…

Jungle ~ by Heavenly Deamonic

Jungle ~ by Heavenly Deamonic

Bon les amis, ce soir, j’ai le neurone en sauce blanche suite à un un abus de blogs, bugs et autres codes. Mais demain promis, je vous parle de ma vision d’un nouveau monde. Dans le même temps, une amie voguera tranquillement vers la Côte Riche et je l’accompagnerai en pensée pour fouler comme les premiers explorateurs, ce sol inconnu et fantasmatique.

Odeurs, sons, animaux et flore doivent y être passionnants, subjuguant, inspirants. On doit se sentir tout petit lorsqu’on foule le sol vierge d’une terre où la main de l’homme n’a jamais mis le pied… Jungles, prairies, canyons, montagnes et volcans, lacs et détroits, forêts et marécages, mangroves et landes désertes. Tout un Monde de découvertes, de différences, de connaissances… Vous imaginez les premiers types à être passés devant les Galapagos ?

Bon, si je m’écoute, je me lance dans mes histoires et là, j’ai vraiment pas la moelle. Mais demain…

En attendant, contemplez donc cette superbe image taxée sur DeviantArt… On voyage là non ? On a pas tous envie de se mettre les fesses sur les ailes de l’avion en partance pour la Côte Riche là ? mmmmh ?

Allez, à demain pour de nouvelles aventures en terre inconnue.

Le grand voyage du p’tit bonhomme

Prêt pour le départ
Prêt pour le départ

Encore un chef d’oeuvre qui reste anonyme pour moi. Si l’artiste passe par ici, qu’il fasse sans crainte valoir ses droits ^^.

Regardez-moi ce petit bonhomme. Son regard fier, sans crainte. Il est superbe. Moi je pars de suite avec lui vers  des contrées bien tarabiscotées comme il faut.

Et regardez un peu ce grenier ! J’en ai rêvé toute mon enfance d’un grenier comme ça. Pittoresque, plein de trouvailles, de boîtes magiques, de cartes au trésor et donc plein d’idées.

Tout y est. Le tableau magique, la figurine 25 mm de Gandalf quand il était jeune, le buste de Pline le velu (je lis pas le grec), le bateau échappé de sa bouteille, le télescope en cuivre, tout est là !

Y’a aussi le chat, la mappemonde pour rêver de voyages, les tapis orientaux… Y’a sûrement aussi un scaphandre et des coquillages bizarres. Et p’têtre même des bocaux avec des choses qui flottent dedans.

Tout quoi… non ?

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