Les dangers de l’alcool, ça date pas d’hier… suite et fin.

Tout est dans le titre (le début est là). On continu :

En attendant, il était maintenant parfaitement sobre et craignait déjà amèrement d’avoir à le regretter.
“ Et bien sachez que ce triste sire me manquait à l’instant outrageusement de respect ! Vous comprendrez aisément qu’un homme de ma qualité ne puisse admettre une telle offense ! dit le nobliaux (puis à voix basse et l’air plus vexé qu’un paon déplumé, il poursuivit), ce paltoquet m’a tout de même traité de pourceau !”.
La réaction que craignait Francis ne vint pas. Elle fut même tout à fait antithétique. Il crut tout d’abord que le sol tremblait sous les coups d’un séisme terrifiant. Mais il du se rendre à l’évidence, les gardes s’esclaffaient. Ils partaient même de ce qui se qualifierait aujourd’hui de franche rigolade. Pour tout dire, ils se gondolaient littéralement comme des baleines… des petites baleines. Et puis des baleines à l’air franchement malsain en y regardant de plus près.
Des guenilles en guise d’uniformes, des gourdins cloutés pour parfaire la panoplie, ces messieurs ressemblaient assurément plus à des bandits de grand chemin qu’à d’honnêtes fonctionnaires royaux (la limite est parfois ténue, j’en convient).

Une chose était sûre, ceux-ci rigolaient comme l’auraient fait des marmousets fiers d’une plaisanterie particulièrement bien réalisée. Séchant leurs larmes de jubilation enfantine (qui tranchaient d’ailleurs curieusement avec leurs carrures à faire pâlir le sanglier suscité, qui se sentait soudainement beaucoup plus seul sur la garde de la rapière maintenant frénétiquement oscillante dans la main d’un certain libertin, qui sentait son courage légendaire lui conseiller de moins en moins calmement la fuite), il se redressèrent avec un rictus aux lèvres qui ne manquait pas de rappeler au spectateur distrait qu’ils n’avaient rien de premières communiantes.
“Pardon pour ce manque d’originalité, dit l’un d’eux, mais ce sera la bourse ou la vie.”
De son côté, de la Joquette n’entendait pas se le faire dire deux fois. La bourse au singulier lui importait largement moins que sa vie au cours de laquelle il escomptait bien se servir encore du même mot au pluriel. Il tendit donc prestement une pochette de cuir qui, se disait-il, manquerait cruellement à son costume, mais qui devait pouvoir lui donner la chance d’en porter un autre.
Francis… de son côté… se souvint douloureusement que ses modestes finances avaient été empochées avec ravissement par un tavernier de sa connaissance, qui pourrait sans doute partir en voyage avec sa petite femme et ses quatorze enfants, après le pourboire démesuré que lui avait laissé notre ami.
En d’autres termes, il n’avait rien d’autre à offrir à ses agresseurs / sauveurs que son plus beau sourire et quelques excuses bredouillées avec empressement. Ca sentait le roussi !

Maaaiiiiiss comme le dit si bien une chanteuse de ma connaissance, ce qu’il y avait de plus remarquable chez Francis, c’était son QI.

Aussi commença-t-il de sa voix la plus mielleuse : “merci mes bons amis, à un contre un, j’allais avoir du mal à le convaincre de se décharger de ses biens sans avoir à l’estourbir. Et j’ai horreur du sang…
- Surtout s’il s’agit du tien j’imagine” entendit-il marmonner au sein du groupe de malfrats.
- Attendez, il y a sûrement un moyen de nous arranger entre gens de bonnes…”
Il n’eut jamais le loisir de terminer sa phrase, une lame de poignard s’étant chargée de lui faire comprendre que, non, ils n’étaient pas entre gens de bonne famille.

Deux conclusions à ce récit, tout d’abord que Mylène Farmer n’existait pas au 17e siècle et, ensuite, que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

Voilà pour cette nouvelle. Qu’en pensez-vous ?

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1 commentaire

  1. Juliette
    Publié le 28 avril 2009 à 23:08 | Permalien

    Oui capitaine! Heu….. Général!

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