Les contes des amis d’Al 5e épisode

Assez rit. Il est temps qu’Al nous dise quel a été le destin de la cité suspendue (si vous n’avez pas lu le reste, retrouvez tous les épisodes précédents ici). Accrochez-vous, on décolle.

A ce moment, Al prit un moment pour à nouveau s’assurer de l’attention de son auditoire. Il s’arrêta, comme pris par un soudain accès de doute. Les regarda tous, tour à tour. Et dit d’un air légèrement pernicieux :

-  Il se fait tard et vous aurez tous à travailler dur demain. Peut être préférez vous que nous reprenions l’histoire plus tard ? Comment ? Non ?

Un murmure de protestation s’éleva de la salle. Les consciences se réveillaient furtivement pour s’élever contre un quelconque ajournement. On allait enfin savoir, impossible de retarder les révélations.
Al était satisfait. Il les replongea alors plus profondément encore dans son l’histoire…

« Comme je vous l’ai dit, les deux hommes venaient de s’avachir lentement sur eux-mêmes. Épuisés et engourdis par l’étrange gaz qui s’échappait de l’idole. Mais leur conscience entamait un voyage bien plus étonnant et éprouvant que tout ce qu’ils avaient connu jusqu’alors. Je me bornerais maintenant à vous rapporter les visions de Juan car, comme je vous l’ai déjà dit, c’est de lui que je tiens cette histoire étonnante.

Tout d’abord, ce ne furent que des jeux de lumières rouges, bleues, vertes, jaunes. Toutes les nuances de l’arc en ciel lui passaient devant les yeux ainsi que d’autres nuances qu’il ne semblait pas connaître. Puis les points lumineux se muèrent en lignes étranges, tarabiscotées. Elles tournoyaient doucement, hypnotiques. Puis il entendit un chant. Une mélopée gutturale, entêtante mais, curieusement, presque rassurante. Il sentait une douce chaleur lui courir dans les membres tandis que devant lui, comme répondant aux accents de la musique, les lignes se contractaient doucement pour s’agencer. Les couleurs demeuraient aveuglantes, mais les lignes devenaient des formes plus reconnaissables jusqu’à former devant lui une représentation de la cité suspendue.

Elle n’était plus vide. Elle n’était plus silencieuse non plus d’ailleurs. Les passerelles étaient peuplées de curieuses ombres, comme des trainées de lumière. Comme si des personnages se déplaçaient trop vite pour que les yeux ne les suivent précisément.

Des personnages vêtus de couleurs vives, toujours aussi vives. Sorte de tableau fauviste en mouvement.
Juan se vit alors au milieu de cette cité. Il se trouvait au milieu d’un de ces « carrefours» situés à l’embranchement de plusieurs passerelles. Il était assis en tailleur et regardait face à lui.

Un détail le saisit de suite. Un détail… Un changement  par rapport à ce qu’il connaissait de la cité. Une sorte de brume se trouvait partout. Une brume étonnante. Très blanche et dense. On aurait dit… oui on aurait dit des nuages.

Il se leva, s’approcha d’une des passerelles, regarda en contrebas et ses yeux s’écarquillèrent. Il ne voyait plus le sol qu’en tout petit. Mais ce qu’il le sidérait véritablement, c’est qu’il voyait la base des tours, et qu’elle non plus ne touchait plus le sol…

Son regard se perdit un moment dans l’abîme. Il sentait un vent tout à fait inconnu lui souffler au visage. Un vent froid et qui charriait une odeur qui lui rappelait vaguement quelque chose.

Soudain, un souffle « retentit » dans son dos. Un souffle glacial, brutal, presque une poussée. Il se retourna d’un bloc. A deux centimètres de son visage se tenait un vieillard vêtu seulement d’un pagne blanc qui trainait jusqu’au sol se confondant à son immense barbe de même couleur. Il le scrutait sans dire un mot. Ses yeux uniformément violets semblaient fouiller l’esprit de Juan. Sans ciller, il le fixait avec une dureté incroyable.

Puis, sans mot dire, il se retourna et invita Juan à le suivre d’un signe extrêmement vif de sa longue main décharnée. Il lui désigna un endroit au sol. Une sorte de miroir, comme une flaque de mercure de deux mètres de diamètre parfaitement circulaire.

Le vieillard s’approcha du bord, se pencha au-dessus les mains derrière le dos et plongea son regard dans la flaque.

Juan demeurait interdit. Il se sentait complètement débordé.

Le vieil homme le fixa un moment, puis replongea ses yeux dans la flaque. Juan se mit en mouvement. S’approcha de l’autre. Il mit ses pieds au bord du cercle. Puis il se baissa avec hésitation. Il regarda lui aussi. Et il vit. Et il entendit aussi. Et il sentit.

La rauque mélopée qu’il avait entendu un instant avant repris de plus belle. Mais elle se mua progressivement en un discours qui lui était intelligible.

Dans le même temps, sous ses yeux, le mercure se muait en une image de la cité. Une cité peuplée. Très peuplée. Des hommes, des femmes et des enfants circulaient partout dans la cité. La majorité empruntait les passerelles. Ils se croisaient en souriant. Ils riaient, couraient, se parlaient sur les carrefours.

Mais certains personnages ne marchaient pas sur ces passerelles. Ils volaient littéralement entre les hautes tours. Ils étaient montés sur de curieuses machines rutilantes. De couleur cuivre, elles brillaient dans le soleil de l’après midi. Les « cavaliers » de ces machines étaient vêtus de longs manteaux marron et portaient tous des lorgnons cerclés d’un bronze étrange et aux verres démesurés qui leur mangeaient le visage. Leurs longs cheveux noirs flottaient autour de leur figure.

Eux-mêmes étaient comme des essaims d’abeilles brillantes qui tournaient autour des ruches que représentaient les tours de la cité. L’expression « Cité suspendue » qui était venue spontanément à Juan prenait ici toute sa dimension. Les fûts s’étendaient toujours à perte de vue mais grouillaient maintenant littéralement de vie. Juan en fut étonnamment heureux.

Puis sa vision se concentra sur la Tour écarlate. Il eut l’impression que son esprit volait littéralement jusqu’à elle, l’emmenait à l’intérieur, montait les marches à une vitesse vertigineuse pour se fixer sur une procession qui montait elle aussi en un long cortège de robes rouges.

Puis il les dépassa rapidement passant au dessus de leurs têtes pour arriver sur une grande plateforme au sommet de la tour. Là, trois hommes parlaient très vivement. Juan comprenait ce qu’ils disaient.

- Nous n’en avons plus. Nous avons tout gâché.
- C’est faux, nos ressources sont inépuisables, notre sagesse et notre technologie nous préservent de la pénurie.
- Allons soyez raisonnable, nous passons notre vie à créer des appareils toujours plus fous et toute notre technologie repose sur le Minerai. Nous serons bientôt cloués au sol et vous le savez très bien !

Un coin du voile se soulève. Revenez nous voir pour le grand déballage et n’hésitez pas à donner votre avis attendant.

Related Posts with Thumbnails

Si l'article vous plaît, partagez-le ici :

1 commentaire

  1. Fix
    Publié le 28 avril 2009 à 19:50 | Permalien

    Le veillard c’est gandalf (allez papy on t’as reconnut)

Ecrire un commentaire

Votre courriel ne sera jamais publié ou partagé. Les champ obligatoires sont marqués *

*
*