Je ne sais pas vous, mais moi j’ai toujours rêvé de savoir ce que pouvaient ressentir les premiers découvreurs des amériques.
Que peut-on ressentir après deux ou trois mois de traversée à ne contempler que le ciel qui bleuoie et la mer qui merdoie et quand enfin, un matin, la vigie de quart ose s’écrier « Terre ».
Et ensuite, lorsque les marins débarquent dans un monde inconnu… Et ben tiens, on va imaginer qu’ils sont là et on va s’entamer une nouvelle rubrique. Voici donc les Contes des amis d’Al.
Al, le conteur aux mille histoires s’approcha de la grande cheminée autour de laquelle tout le petit village était agglutiné. On savait qu’avec Al, les veillées étaient toujours merveilleuses et qu’on irait se coucher des étoiles plein les yeux et des envies de vivre d’autres vies plein le cœur. C’est d’ailleurs pour cela qu’Al était très apprécié. On peut même dire que ce soir là, ils étaient tous, dans cette grande salle, les amis d’Al… Il leur était arrivé de vouloir faire ça en plein air dans la forêt, mais ils attrapaient vite froid au milieu de cette végétation. Quand à faire ça dans les gorges, il y avait trop d’écho.
Bref, Al s’approcha de l’âtre et fit face au foyer un long moment. Il faisait mine de se chauffer les mains au dessus des flammes qui dansaient joyeusement dans la cheminée, mais en réalité, il attendait comme de coutume que tous aient fini de bruisser d’impatience dans son dos et fassent enfin silence.
Lorsqu’il les su tout à fait prêts à l’écouter, il se retourna lentement. Il étendit les mains devant lui et entama d’une voix tonitruante qui fit sursauter l’assistance :
« Mes chers amis, qui êtes venus ce soir exposer vos âmes aux affres de l’imaginaire, oyez donc l’histoire édifiante du marin, explorateur et aventurier Juan Antonio Filomeno de la Cruz que se Toca. Appelé par ses marins Juan Feliz. »
Il avait lancé cette première phrase d’une traite. Saisissant ainsi son auditoire et le captivant immédiatement. Son regard balaya la salle une première fois, puis une seconde. Les yeux étaient rivés sur lui. Les respirations suspendues. Chacun attendait la suite du récit.
Et celle-ci vint immédiatement. Toujours de sa voix de stentor qui semblait emplir toute la pièce, il poursuivit :
« Voici, mes bons amis le récit que me fit mon ami Juan alors qu’il était à l’agonie il y a de cela bien des années. Il fut emporté par une fièvre mystérieuse contractée sous des cieux lointains et bien différents des nôtres.
Il serait peut être bon de préciser que notre homme était de ces marins aux idéaux particuliers que l’on qualifie aujourd’hui péjorativement de pirates, encore que l’appellation ne fut pas tout à fait conforme à l’image que l’on s’en fait aujourd’hui, car à l’époque, le nouveau monde était à peine découvert.
Quoi qu’il en soit, il se trouva confronté un jour à une tempête terrible. Alors que son bateau le Damascus voguait librement vers sa destination, les vents se levèrent brusquement et firent claquer bruyamment les voiles. Les bout’ grinçaient, le bois de la coque mugissait tandis que la mer se creusait de plus en plus. Les déferlantes se faisaient immenses, le bateau manquait être englouti à chaque instant et le fier bâtiment était maintenant balloté comme un fétu de paille par les eaux en furie.
L’équipage était bringuebalé d’un bord à l’autre et des vagues particulièrement violentes, balayant le pont, emmenaient parfois un marin éperdu. La lutte pour la survie dura des heures, des jours même semblait-il et les hommes étaient à bout de force lorsque l’ire des éléments se calma enfin.
On parle souvent du calme AVANT la tempête, mais c’est là négliger le calme d’après. Le bateau était lessivé, les marins étaient fourbus et malheureux en constatant les pertes. Cependant, chacun retourna à son poste et l’on tenta de réparer les dégâts autant que faire se pouvait.
Alors que l’équipage se réorganisait, l’un des gabiers (ceux des marins qui sont les plus agiles et qui grimpent dans les voiles et les cordages) se retourna et hurla à la surprise générale « Terre terre !! ». Chacun accourait pour essayer de voir. Les marins passaient presque par-dessus bord pour tenter d’apercevoir ce qu’ils pensaient être peut être un quelconque ilot rocheux.
Mais leurs yeux s’écarquillèrent. Devant eux s’étendait une vaste langue de terre qui occupait une bonne partie de l’horizon. Ils firent en hâte les préparatifs nécessaires à un débarquement rapide et partirent aussi vite que possible vers ce monde nouveau qui s’offrait à eux.
Ils arrivèrent enfin à terre, les yeux émerveillés, tournant la tête de tous côtés. Dans quel monde étaient-ils ? Tout paraissait étranger. A cause des longs mois sans voir la terre ? Sans doute mais pas uniquement. Le sable était si blanc et fin qu’il paraissait transparent, immatériel. Les arbres étaient étonnamment hauts, les fleurs si colorées et dans des teintes ignorées jusqu’alors. Toute la végétation semblait frappée de gigantisme et de magnificence.
La nature était luxuriante et les animaux poussaient des cris parfois risibles… et parfois inquiétants, tout en restant introuvables.
La première nuit fut passée à boire et chanter la chance inouïe qui avait été la leur. Puis le lendemain, les explorations commencèrent…
Et maintenant, laissons à Al le temps de boire un coup et demandons nous ce que nous verrons ensuite. Civilisation inconnue ? Malédiction ou maladie incurrable ? Sort pire que la mort ? Peut être, mais surtout la découverte d’une cité suspendue… C’est ce que nous verrons dans le prochain épisode des Contes des amis d’Al.














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La suite la suite!
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[...] veux reprendre l’histoire de la cité suspendue que j’avais écrite pour ce même blog (premier épisode là et ensuite, y’a plus qu’à suivre… la fin est naze oui ! justement). J’ai [...]
[...] sur ce blog, en espérant que vous ne désertiez pas tous en même temps ^^ A propos, vous avez lu ça ? C’est de là que tout est parti et c’était déjà pour vous que je l’avais [...]