L’oiseau n’est pas encore fait qu’on se le dise ! Devant le torrent d’acclamations et de suppliques (!) exprimées lors du précédent épisode, le revoici notre mouette (c’est un mâle), toujours frais, dispo et un peu en danger sur le bateau des pirates les plus sous-alimentés des sept mers. Nous l’avons quitté alors qu’il s’apprêtait à se faire étrangler après avoir tenté de leur soutirer leur dîner…
Presque !
Tout cela s’annonçait très dommage en effet, quand une voix surgit du bout de table, tonitruante et rocailleuse : UN PERROQUET !!!!!!!
Les marins, stoppés net dans leur élan vorace se regardaient tour à tour, tandis que leurs yeux, plus vides d’intelligence encore qu’à l’accoutumé, véhiculaient la plus criantes des démonstrations d’incompréhension crasse qu’il eut été donné de voir depuis que l’homme avait enfin saisie le sens du mot « mariage ».
Sortant de l’ombre relative du grand mât, se levant et désignant de la main ou plutôt du crochet l’impudent animal, celui qui tenait lieu de capitaine à ce triste équipage de «gentilshommes de fortune », continuait à s’égosiller fiévreusement : “UN PERROQUET vous dis-je” n’étant visiblement pas surpris outre mesure de surprendre l’un de ces oiseaux tropicaux sur le pont de son navire qui battait à ce moment les flots en pleine mer.
- Voilà exactement ce qui manquait à un pirate de mon envergure par les jupons de ma chienne de mère !! Capturez moi ce providentiel cacatoès en vitesse bande de sous développés du bulbe !! Double ration de tafia à qui me le remet pattes et ailes liées !
S’ensuivit alors une course des plus chaotiques à travers le pont et les cordages du bateau. Qui, croyant avoir acculé notre palmipède préféré, se prenait lamentablement les pieds dans un rouleau de corde abandonné là par quelque négligeant notoire, qui, persuadé de tenir le volatile manquait passer par-dessus bord dans un élan mal calculé. Cette furieuse cavalcade n’offrait à l’hypothétique spectateur que la magistrale démonstration d’un équipage aussi famélique qu’incompétent.
Et notre mouette d’effectuer des arabesques alambiquées entre la mâture et les cordages du bâtiment, virant sur la gauche, entamant une remontée épique en évitant les doigts gourds et boudinés de l’un de ces incapables matelots, d’entamer ensuite une descente vertigineuse en pic pour éviter les bras musculeux d’un gabier déjà étourdis par la simple évocation d’un supplément éthylique. Oh bien sûr, il eut été facile à notre gracieux ami de quitter ce triste spectacle, mais son petit crâne, trop étroit pour une réflexion logique, se trouvait obnubilé par le frugal repas de ces gymnastes endimanchés. Et puis l’exercice était plaisant, grisé qu’il était par le vent qui vrombissait entre ses rémiges.
Triste convoitise qui devait inéluctablement le mener à l’échec…
Il se vit bientôt acculé contre une chaloupe et soigneusement cerné par une demi-douzaine de marins dont les regards trahissaient maintenant une soif inextinguible de vengeance…
Et maintenant ? Ca y est, on le bouffe ? Qu’en pensez-vous ? La suite est ici.














4 commentaires
Ca va mal se terminer : tu as prononcé le mot qui porte malheur… Corde !
A bord on dit : un BOUT’ ça va mal se terminer te dis-je !
Excellent billet en tout cas, je suis bien content d’être passé.
Ça aurait pu être pire, ça aurait pu être une femme ou un lapin plutôt qu’une mouette… hum ! Merci pour ce commentaire, je ne manquerai pas de faire finir ça très mal hinhinhin. Repasse quand tu veux, comme je le dis, tu es ici chez nous.
Une mouette qui parle ? Autant apprendre à se taire à une femme !
Quelque chose me dit que la tienne ne lit pas ce blog