Voici la suite de la nouvelle entamée ici et le début (la fin ?) de ses aventures.
Comme énoncé précédemment, les réactions à son égard étaient généralement positives, et ses accès de violence se chargeaient aisément de convaincre les dissidents de la véracité de ses opinions. Fort de ces différents atouts, l’animal faisant feu de tout bois vivait une existence paisible et insouciante, rassuré qu’il était par la tournure toujours avantageuse que prenaient les évènements qui le concernaient.
Cependant ses proches qui le voyaient avancer en âge, se prenaient à craindre son irresponsabilité et son manque de sagesse. Que pouvait devenir un adulte qui ne saurait obtenir lui-même de quoi se sustenter et à plus forte raison de quoi sustenter une famille ? Que deviendrait-il une fois confronté à une situation qui ne permettrait nulle cabriole ou déboucherait sur un non franc et massif ?
Qu’une femelle vint à dénigrer ses avances, que n’importe qui lui refuse n’importe quoi de façon catégorique et le bel oiseau se trouverait dans une situation à laquelle il ne savait répondre que par la violence. Et nombreux sont ceux qui savent qu’il est, de par le monde, des entités devant lesquelles la violence s’impose d’elle-même comme n’étant pas le choix le plus judicieux… et parfois même le pire.
Et effectivement, nombreux sont ceux qui le savent, mais pas lui…
Tout autre oiseau plus âgé que lui se serait méfié ou du moins aurait été intrigué de voir un chalutier si loin en pleine mer. Un oiseau particulièrement malin aurait remarqué que le bateau ne charriait aucun filet et un oiseau sachant lire se serait méfié du drapeau au crâne et aux deux tibias qui en ornait le gréement ! Mais pas lui…
Par contre, n’importe quel oiseau doué d’un minimum de sens commun aurait remarqué le regard un tantinet trop attentif que lui portaient tous les marins lorsqu’il se posa sur le pont pour tenter d’y dérober le seul et unique poisson qui trônait sur leur table de déjeuner.
Un autre aurait remarqué que d’habitude les faces des marins étaient moins couturés, comportaient la liste exhaustive des éléments constitutifs d’un visage lambda et surtout, ne tiraient pas avidement la langue en regardant passer les mouettes… à plus forte raison les mouettes qui s’avançaient avec grâce et assurance sur leur table, mettant des pattes palmées dans leurs assiettes et se saisissaient de la façon la plus naturelle du monde du dernier morceau de chaire qu’ils pourraient voir avant de longues semaines !
Mais pas lui… dommage !
Qu’est ce qu’on fait ? On le découpe ? On en fait de la ration de marin ? On le fait sécher au bout d’une corde ? Ou des bâtonnets de Captain Igloo (quelqu’un c’est déjà demandé ce que ça contient ?) ?
Ou bien est-ce qu’on lui laisse la chance de se lancer dans une scène haletante de haute voltige en pleine mer, pleine de cascades et de rebondissements dont l’enjeu serait le devenir de son joli croupion ? Vous avez voix au chapitre, n’hésitez pas…













